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  Klaus Schulze - The KS Story (in French) - Part 4  



Après un concert de Schulze dans une église à Berlin en 1985, il était convenu que Andreas Grosser et moi emmenions Klaus dîner. Quand le concert fut fini et que la majorité du public avait quitté l'église, Klaus est venu sur le devant de la scène. Une bouteille de whisky à moitié vide dans les mains, et, oh mon Dieu, ses yeux... J'ai regardé dans ses yeux, et j'ai vu ce que j'espère ne plus jamais voir dans ma vie, nous nous sommes détournés et sommes partis dîner sans un Klaus Schulze très malade.

Avant le concert, j'avais déjà vu et parlé dans les coulisses avec Claus Cordes, qui s'occupait d'une partie de la technique. Il savait, et il secoua juste la tête en signe de désespoir. Puis j'ai vu le manager de la tournée qui aurait pu s'adapter à n'importe quel groupe de heavy metal avec ses vêtements en cuir noir, et sa façon de parler et probablement sa conscience. J'ai sympathisé avec Claus Cordes.

En avril 1987 INTEAM était officiellement déclarée en faillite. Enfin! Bloss fut finalement renvoyé chez lui, pour gagner son argent maintenant pour de vrai et avec son propre travail, et Klaus partit dans un hôpital suisse. Depuis lors il remonte la pente; à partir de 1990 jusqu'à aujourd'hui (1996) Klaus a atteint un nouveau sommet musical et commercial. Le visage de Bloss aujourd'hui est celui d'un vieil homme, et Schulze a pris du poids. Ce sont les résultats de cette époque. Nous avons également des disques de KS, pas ses meilleurs, mais étonnamment bons en regard de son état d'alors.

«Oh Demon Alcohol» (The Kinks).

Quelques années plus tard, Klaus Schulze parla très ouvertement avec un journaliste américain de ses années de maladie, et le tout fut diffusé et imprimé; donc je me sens libre d'écrire aussi là dessus. D'ailleurs, cela m'a grandement affecté, j'ai était certainement plus touché que ce journaliste américain. De plus, j'ai montré à Klaus en décembre 95 les pages ci dessus, et il donna son accord.

Klaus fit son premier album «clean» à l'automne 1987: EN=TRANCE, un double LP, pouvant tenir sur un seul CD. Le meilleur morceau (qui fut cette année là numéro un dans un sondage d'une radio allemande!) fut enregistré d'une traite, quasiment «live» dans la nuit qui suivit la soirée de son 40ème anniversaire.

A l'automne de cette année - 1987 - j'ai invité Klaus à voyager ensemble à Amsterdam, pas uniquement parce que je voulais acheter des disques de jazz des années 60 à un revendeur spécialisé dans les disques d'occasions, mais pour voir un spectacle de la compagnie «Elisa Monte Dance» de New York, qui dansait sur un morceau de musique de Klaus Schulze, et qui souhaitait avoir encore d'autre musique, spécialement composée et enregistrée par Klaus. Amsterdam était merveilleuse, le disquaire me vendit les albums des années 60 que je voulais depuis longtemps, et la compagnie «Elisa Monte Dance» pu parler avec Klaus. Klaus fut même invité à rendre visite à la compagnie de ballet chez eux à New York, ce que Klaus fit avec plaisir, début février 1988.

J'avais arrangé des interviews aux USA, et le court voyage à New York fut très réussi. Klaus me raconta une histoire très longue et humaine à propos d'une rencontre fortuite dans le hall de l'hôtel Chelsea de New York avec un artiste plus âgé, Richie Havens et des discussions qui s'en suivirent. Oui, celui qui fit une fois l'ouverture de «Woodstock».

Plus tard, Klaus fit en effet de la musique spécialement pour le ballet, mais ce n'était pas exactement ce dont les américains avaient besoin, ou alors la musique avait été envoyée trop tard par KS, ou quoi qu'il en soit d'autre... Elle ne fut pas utilisée, et le contact se rompit. Je crois de toute façon que de tous les arts, le ballet est le plus curieux. Je regrette seulement de n'avoir pas eu des yeux et des oreilles dans le hall de l'hôtel Chelsea...

A l'été 87 Klaus avait commencé à produire le fameux groupe pop allemand ALPHAVILLE. Cela arriva par hasard. Notre ami Andreas Grosser qui donnait un coup de main dans tous les studios de Berlin, emmena Klaus dans le studio d'Alphaville, et il se révéla que les membres du groupe étaient de vieux fans de Klaus. L'un d'eux était disc jockey dans un club de l'Allemagne de l'Ouest, quand Klaus y donna un concert en 1975.

Alphaville était au milieu du mixage d'un single, et Klaus leur montra une ou deux choses. On lui demanda alors s'il avait du temps pour aider un peu plus, et finalement il est devenu co-producteur et travailla sporadiquement dans le studio d'Alphaville pendant les 18 mois suivant. Il en résulta l'album «The Breathtaking Blue» avec un son d'ensemble super et l'empreinte de Schulze, mais sans aucun tube, ce qui est une nécessité sur le marché de la pop musique. De toute façon, je doute que tous les CD de joueurs de synthé réunis, se vendent autant que ce CD de pop l'a fait, même s'il n'a pas eu autant de succès qu'il aurait du.

Après plusieurs années d'essais infructueux, à l'été 1988 mes relations avec les médias et la radio de l'autre partie de l'Allemagne sont devenus excellentes. Par conséquent, KS et moi avons visités Berlin Est – KS pour la toute première fois de sa vie! – et Klaus donna une longue interview à un sympathique et sérieux animateur de radio, qui avait son propre petit programme de musique électronique. Cette interview fut diffusée en plusieurs fois, jusqu'à ce que l'Etat et la radio disparaissent pour des raisons n'ayant rien à voir avec la musique.

L'album solo suivant pour Metronome, MIDITERRANEAN PADS, fut livré par Klaus en septembre 1989, mais édité seulement cinq mois plus tard, sans aucune explication pour le délai de la part de la compagnie.

Grâce à mon contact avec la radio de l'Allemagne de l'Est nous avons été invités à faire un concert dans un magnifique endroit en plein air, construit comme un amphithéâtre grec, à Dresde, en août 1989. Après les habituels et notoires problèmes de douane (il n'était pas permis de transporter des ordinateurs à l'Est, c'est ce que disait l'Ouest à cette époque! ...et l'Est craignait tout ce qui venait du diabolique Ouest, sauf son argent), nous avons voyagé jusqu'à Dresde, un jour avant le concert proprement dit. L'hôtel de Dresde était plus cher qu'aucun hôtel comparable de l'Ouest, mais il était payé pour nous par l'organisateur. (Qui, à propos, déduisit plusieurs centaines de Mark pour les droits de la société qui organisait le concert. Quatre ans plus tard je les réclamais toujours, en vain. Ils sont obligés de les donner au compositeur KS et à moi l'éditeur, mais nous n'en avons jamais vu un centime. Ces gangsters!). A l'aube du jour du concert, j'entendais depuis mon lit dans l'hôtel le bruit déprimant de la pluie! Ah, merde. La journée et le concert étaient gâchés. J'ai donc gambergé. Quand je me suis levé et que j'ai regardé par la fenêtre, je n'ai pas vu de pluie?! A la place, il y avait une énorme fontaine devant l'hôtel qui produisait ce bruit de pluie. La journée entière fut magnifique, chaude et ensoleillée. Nous nous sommes installés, nous nous sommes fait des amis et nous avons passé un merveilleux moment. Avant le concert de KS, trois groupes jouèrent en première partie, dont deux groupes de l'Allemagne de l'Est. Un des groupes joua «à la KS», et j'ai vu et entendu la réaction frénétique du public, alors je savais: c'était le public de Schulze. Le trio Est allemand POND fit une annonce qui comprenait quelques mots émouvants sur la chance d'être sur la même scène que leur héros, Klaus Schulze. Cela m'a presque fait pleurer. C'est dommage que Klaus n'ai pas pu l'entendre; il était toujours à son hôtel. Merci, Wolfgang de POND.

Après les premières parties, le concert de Klaus débuta très tard, après 10 heures du soir. Il fit une courte annonce, et il m'a même surprit avec cela. Non seulement il dédicaça les deux morceaux à la ville de Dresde en les appellant «Dresden 1» et «Dresden 2», mais il les joua à la mémoire de deux de ses amis, qui dit-il étaient morts récemment dans de tristes circonstances: Bernd Meyer (qui n'était pas un musicien), et Walter Bachauer. Je suis toujours bouleversé alors que j'écris cela plusieurs années après.

Inutile de préciser que le public attentif (les 6 800 spectateurs) prit plaisir et aima ce que Klaus joua. Comme Klaus avait commencé à jouer tard, il était presque minuit quand «Dresden 2» se termina. Des équipements étaient étalés dans les coulisses et tous ceux qui s'appuyaient dessus réalisaient qu'ils étaient déjà très humides. Le théâtre était situé au milieu d'un immense parc, et l'humidité, aussi bien que la fraîcheur nocturne devenait désagréable. Par conséquent: pas d'«encore». Le public se dépêcha, après ce second morceau de Klaus, de quitter le froid et l'humidité. En plus, et c'était certainement le problème principal de la plupart des gens: ils devaient attraper les derniers bus et trains (!), parce qu'ils venaient de tout le pays. Plus tard, une personne de British Virgin Records qui n'avait jamais vu Dresde, écrivit quelque chose sur des «restrictions de la police» qui «obligèrent» KS a arrêter le concert. Absurdités! Je me demande, encore et toujours, pourquoi les gens dans l'industrie du disque doivent dire et écrire des conneries, alors que la simple vérité est suffisamment sensationnelle. Il n'y avait pas de restrictions, et je n'ai vu aucun policier ni autre personnage officiel pendant nos deux journées à Dresde.

De retour à l'hôtel nous avons rencontré une poignée de fans qui étaient venus de toute l'Europe pour voir Klaus Schulze jouer dans cet endroit merveilleux, après 4 années et demi sans concert. J'ai surpris un des fans. Quand il s'est présenté par son prénom, j'ai pu immédiatement dire son nom de famille et d'où il venait. Il avait déjà écrit plusieurs fois, et j'avais répondu à chaque fois, je connaissais son nom et son adresse par cœur.

Les journalistes de l'Allemagne de l'Est à Dresde étaient plus professionnels, mieux informés, plus polis et plus civilisés que ceux que nous avions l'habitude de connaître à l'Ouest. Les écrivains (rédacteurs) de l'Allemagne de l'Est voient leur travail comme une profession, ceux de l'Ouest prennent leur profession juste comme un travail. Une histoire idiote à propos d'un concert, il y a des années de cela à Hambourg (Allemagne de l'Ouest), me revient en mémoire. Après le concert, la maison de disques nous invita avec la presse dans un restaurant (très certainement une pizzeria). Le crétin du célèbre journal allemand BILD nous demanda (oui, il l'a vraiment fait!): Combien de volts votre équipement a-t-il? (J'ai déjà raconté cette histoire quelque part au dessus)

Si je pense à toutes les informations idiotes ou fausses dans un article de février 93 dans le journal anglais «Sound On Sound»... Ou à l'annonce d'un concert dans un journal de Cologne, disant que «Klaus Schulze chante des chansons de méditation à 8 heures du soir...» avec en prime une petite photo sous-titrée avec encore les mêmes mots: «Klaus Schulze chante...». Ou au critique qui mentionne un «Wurlitzer» qu'il a entendu pendant que KS joue, le même qui ronchonne contre «le look étrange» du «jeune» (!) public. Ou encore la critique d'un concert qui n'avait pas eu lieu (vraiment!). Ou, en mai 1993, à ce journaliste de la radio allemande - qui écrivait depuis 25 ans sur la scène rock allemande- qui avait eu par moi toutes les informations sur KS, et qui en plus après l'avoir interviewé longtemps, présenta alors Klaus dans son programme comme un artiste faisant des «opéras rock extravagants dans toutes les grandes églises partout en Australie et aux USA» Sérieusement! J'ai l'enregistrement!

Les enregistrements des concerts de Dresde furent édités plus tard sur deux CD, avec des enregistrements studio additionnels.

Klaus Schulze 1989


Après Dresde, j'ai eu une de ces nombreuses demandes d'aide. Cette fois c'était un musicien californien, propriétaire de son label, Walter Holland, qui avait eu l'idée de faire un CD en hommage à Dali. Ce qu'il nous écrivit était sensé, respectueux et semblait honnête. Cela faisait trois raisons d'être d'accord. Par chance KS était libre de tout contrat pour quelques semaines, il pu donc faire ce qui deviendra le morceau THE FACE OF MAE WEST sur la compilation DALI: THE ENDLESS ENIGMA.

A propos de la Californie, je reçois régulièrement beaucoup de lettres de la part de fans, de journalistes ainsi que de la part d'artistes. Parce que je les lis consciencieusement, y répond, et quelque fois j'entame des débats, et ce depuis plus de vingt ans, j'en ai déduit ce qui suit: chaque pays ou région, chaque catégorie de personnes, ont tous leurs spécificités. Chaque fois qu'une telle lettre est écrite et envoyée par un californien, cela conforte l'image que j'ai des gens qui vivent dans cet état américain ensoleillé: ils semblent tous être fous, à une ou deux exceptions près. En conséquence, j'utilise le terme «californien» comme sujet de plaisanterie, comme un synonyme de cinglé. Sans que cela me surprenne vraiment, beaucoup d'américains des autres états des USA sont d'accord avec moi.

Juin 1991 vit la sortie de l'album suivant de Klaus Schulze: BEYOND RECALL. Un titre pertinent pour cette production, bien que KS n'ai pas su quand il a choisi ce titre, que ce devait être aussi le dernier album qui fut également disponible en vinyle, au-delà du souvenir «beyond recall» (mais qui sait...)

Au début de 1991, nous avons eu une proposition pour donner un concert en plein air devant l'immense cathédrale de Cologne, dans le cadre d'une sorte de festival culturel; avec, le même jour deux autres groupes «électronique» dont ASHRA avec notre vieil ami Manuel Göttsching.

Klaus Schulze 1991


Ce ne fut pas facile de traiter avec l'organisateur de ce concert, il ne semblait pas très intéressé par l'événement, ni par les artistes ou leur musique. J'ai trouvé cela tellement irritant que j'ai appelé un autre organisateur que je connaissais depuis longtemps, pour lui demander ce qu'il savait de cet homme. C'est «un trou du cul» fut l'information que j'obtins, et cela correspondait parfaitement à mes propres impressions. Je suis allé à Cologne avec ASHRA, KS est venu de son coté. J'ai aidé les deux, ASHRA aussi bien que Klaus.

Pendant la dernière (et principale) partie du concert, qui était la prestation de KS, soudainement les gens de Cologne qui s'occupaient de la scène démarrèrent un médiocre «Disco light show» de lumières clignotantes... - bien que je leur avais dit avant de ne rien faire avec les lumières. L'organisateur avait même demandé quelques semaines auparavant, quel genre de light show nous voulions, et je le lui avait expliqué: pas de light «show» du tout! Nous voulons que ce soit simple, discret, de la façon dont nous le faisons depuis de longues années, juste deux couleurs, et peut être juste un changement pendant le concert. Et maintenant, pendant le concert, ils essayent de perturber KS et sa musique avec ces jeux de lumières inutiles et puérils. Je me suis précipité sur le responsable pour lui dire d'arrêter, et il arrêta. Jusqu'à...jusqu'à ce qu'un patron de la radio locale (qui enregistrait le concert) surgisse de nulle part, et trouve que l'atmosphère était peut être trop calme, qui sait?... peu importe, il dit au pauvre technicien de faire quelque chose avec les lumières. Le «show» de lumières clignotantes recommença. J'ai du crier après ce patron de radio pour le virer de la scène...

C'est seulement plus tard que j'ai appris (par des critiques dans le journal local qui avaient regretté l'absence d'un bon light show) que l'ensemble de l'évènement était en fait et depuis longtemps annoncé comme un spectacle «son et lumière»!!! Personnes n'avait pris la peine de nous le dire. Et pourtant je lui avais même demandé avant! Qu'elles étaient les mots que mon ami avait employé pour cet organisateur: ...trou du cul? C'en était un effectivement.

Ce concert ne fut pas seulement enregistré et partiellement retransmit par la radio locale, mais il fut aussi enregistré par Klaus Schulze directement de son mixer à son enregistreur numérique (digital recorder). Cette longue pièce de musique de plus d'une heure sortira plus tard sous le titre THE DOME EVENT comme le troisième volet d'une trilogie de CD d'enregistrement live par Klaus Schulze. Les deux autre CD contiennent les enregistrements de son concert en solo à Londres, quatre mois après le concert de la cathédrale.

Pour ce concert de Londres aux sérieux Royal Festival Hall nous voulions au début une première partie, et je pensais au joueur de piano soliste Hans-Joachim Roedelius, ce qui aurait été parfait musicalement. Et je l'appréciais personnellement. Mais Roedelius n'avait de soutien d'aucune grande compagnie de disques, donc nous aurions du payer le salaire de Roedelius et ses autres frais, ce qui était finalement trop, et j'ai du téléphoner à Hans-Joachim sur son lieu de vacances pour lui dire: Désolé, bonne idée, mais: pas de chance.

Un mois après notre concert de Londres qui se passa bien, nous sommes allés en Espagne pour faire cinq concerts, qui étaient très bien payés, nous avons voyagé de ville en ville toujours en avion... Je me demande pourquoi l'organisateur a fait ça? Avait il de l'argent à blanchir? En plus, il nous attribua ce qu'il appelait un «tour manager» (manager de tournée), qui avait également des billets d'avion pour aller de ville en ville (qui ne sont pas bon marché). Comme j'avais l'habitude d'être moi-même un tour manager (voyez la première partie de l'histoire), je peux dire que ce «tour manager» était tout, et tout particulièrement un homme bien habillé avec d'élégantes lunettes de soleil, sauf un tour manager. Nous l'avons juste vu dans les aéroports, peu importe. Il n'était d'aucune aide – et nous avions besoin d'aide de toute urgence car aucun espagnol ne parlait une autre langue que l'espagnol (!) Pas même le français. Même les employés dans ces magnifiques et énormes salles de concerts internationales ou nous jouions ne parlaient pas un mot d'anglais, de français, d'italien, d'allemand. Je me demande ce qu'il font quand ils ont l'orchestre philharmonique de New York, et que chaque musicien demande ou sont les toilettes, les vestiaires, ou comment trouver un téléphone, changer de l'argent, le chemin vers le bar, où est l'organisateur, où est la lumière et beaucoup, beaucoup d'autres nécessités techniques. Probablement qu'ils sont plus malins que nous et voyagent avec leur propre interprète? Un de nos roadies allemands avait l'habitude de voyager avec des troupes de théâtre. Et il nous dit, qu'il n'avait jamais expérimenté un tel non professionnalisme avec des gens de scène comme en Espagne. KS a dit à la fin du dernier concert (ou il a failli être tué par la chute d'une rampe de lumière, et que j'ai failli tuer le responsable, un machiniste espagnol bourré): la Russie ne peut pas être pire. Le bon coté: le temps, les salles de concerts, 4 des 5 organisateurs locaux, et enfin et surtout: les publics, tous extraordinaires.

L'un après l'autre, les trois albums «live» furent édités par VIRGIN, plus ou moins mondialement, et tous les trois reçurent de très bonnes réactions. Les critiques du monde entier, et les lettres privées de fans, étaient plus que positives. Une seule critique fut négative. Très durement négative, de sorte – que pour la première fois – je n'ai pas trouvé nécessaire de réagir.

A peu près à partir de ce moment, j'ai arrêté en général de réagir, d'essayer d'aider, et d'écrire des lettres aux journalistes ou éditeurs, comme je le faisais auparavant. J'ai fait cela pendant des années et des années, j'ai réagi à chaque article sur Klaus, essayant de corriger et d'aider, mais - j'en ai peur – sans vraiment beaucoup de succès. L'intérêt pour la musique de la plupart des journalistes et autres écrivains n'est pas aussi grand qu'il devrait l'être, de même que ce qu'ils en pensent et ce qu'ils en écrivent. Il en va de même pour le vocabulaire et les mises en pages qu'ils utilisent quelquefois, aussi bien que de leurs connaissances ou idées sur la culture en général, sans mentionner leur connaissance du business musical, de l'histoire de la musique, ou de toute autre musique que celle de leur adoré T.D., KS, ou Jarre, ou qui que ce soit. J'excuse tout cela, si le journaliste a 17 ans, mais je ne peux pas le tolérer quand c'est un adulte. J'ai arrêté d'écrire et de proposer de l'aide, d'expliquer des choses... (Il y a des exceptions!)

Pendant que la trilogie du ROYAL FESTIVAL HALL I & II et THE DOME EVENT faisait les gros titres, KS ne goûtait pas aux plaisirs de l'oisiveté. Il n'y peut rien, mais son studio et sa musique sont sa vie quotidienne. Il fit des musiques (bandes-son) pour la télé, et bien qu'on lui avait juste demandé quelques secondes, il fit des heures et des heures de musiques diverses. En plus, il fit de la musique dîte classique, il ne fit pas d'arrangements, mais joua les compositions originales de gens comme Bach, Brahms, Bartok, Schubert, Smetana, Beethoven, Mozart, et d'autres, complètement synthétisées avec l'ordinateur. En complément, il fit la bande originale d'un film français, LE MOULIN DE DAUDET, et il fit des musiques pour un film allemand, mais le metteur en scène ne pouvait pas payer la somme définie au départ, et KS récupéra ses bandes-son. Finalement, Klaus fit beaucoup de musique sans demander d'argent, pour une maison thérapeutique d'aide aux alcooliques.

Le contrat avec Virgin Records, quoique toujours valide pour encore quelques albums, fut résilié par E.M.I. KS n'était pas le seul artiste ou employé, dont ils devaient se débarrasser d'une façon ou d'une autre, quand E.M.I. avala la compagnie bien aimée de Richard Branson. La plupart des hauts cadres de Virgin quittèrent volontairement le navire, et la moitié des employés de Virgin furent virés par le grand frère (big brother) E.M.I.. Les contrats de KS et d'autres artistes étaient probablement trop chers pour l'esprit mercantile d'E.M.I. Après s'être débarrassé du contrat coûteux mais toujours en cours de Klaus, ils lui en proposèrent un nouveau, mais avec des rémunérations bien plus faibles.

Le sentiment d'avoir la liberté de faire ce que nous voulons, est grand pour KS aussi bien que pour moi. Nous pouvons réaliser notre idée d'un coffret de 10 CD, nous pouvons vendre une bande-son ici, une autre là... Pas de pression pour «faire le prochain album». Nous apprécions les fruits de tant d'années de travail, sachant que nous allons aller de l'avant, fixant de nouveaux objectifs, essayant d'autres nouvelles idées... 16 septembre 1993. Klaus est fier de ce qu'il appelle son «opéra», et j'en ai écouté la version finale il y a quelques jours. Peut être est ce trop tôt pour donner une opinion honnête? Il n'y a aucune similitude ni avec «l'Orfeo» de Monteverdi, ni avec «Salomé» de Strauss, ou quoi que ce soi entre (Mozart, Rosini, Wagner etc.). Pour Klaus, et pour une première tentative dans ce nouveau genre, c'est bien. Mais je me demande si je l'écouterais une deuxième fois. Désolé, Klaus. Il me manque simplement dans TOTENTAG tout ce que j'aime dans un opéra classique: les beaux arias et duos, les thèmes musicaux qui viennent et sont répétés, les personnages doucement mis en place, une forme identifiable ...A la place, TOTENTAG est plein de tout ce que je n'aime pas dans l'opéra: les récitatifs et les parlandos. Il me manque aussi une vision scénique, des images.

Peut être qu'il ne suffit pas de faire de la musique typique de Schulze et d'y ajouter des voix de chanteurs d'opéra professionnels? «Form ohne Gehalt ist Kitsch, Gehalt ohne Form ist Dilettantismus.» Je ne sais pas encore quoi penser de la Gehalt (substance) de TOTENTAG, mais il me manque certainement la forme. Peut être est-ce un bon essai, et que la prochaine fois ce sera mieux. KS crée aussi tout cela pour apprendre et faire mieux la prochaine fois. En effet, il m'a dit combien il avait appris pendant le travail sur cet opéra et avec ces chanteurs. Ce qui fait au moins une chose positive dans tout cela. Et, j'ajoute, il devrait faire attention à avoir une meilleure «forme» la prochaine fois. Personne ne force Klaus à appeler quelque chose «ABCDE» mais si il appelle quelque chose «ABCDE» cela doit avoir la forme d'«ABCDE». (PS: en 2003 KS m'a envoyé trois CD-R avec un nouvel opéra. Heureusement, il ne fut pas édité).

Novembre 93. Notre SILVER EDITION est sortie. J'ai eu les 2000 coffrets avec 20 000 CD le 2 novembre, et les 4 et 5 novembre nous avons assemblé les coffrets et les avons envoyé, à environ un millier de clients qui nous avez gentiment fait confiance et nous avez payé à l'avance.

SILVER EDITION est une série de 10 CD, avec dix heures de musique nouvelle et jusqu'ici non éditée de KS, et deux heures et demi d'enregistrements de vieux concerts de 1975 à 1977. Comme le tout dernier «bonus» sur le disque N°10, j'ai inclus le morceau collector LAND datant de 1972 dans une version différente qui est plus longue. Nous avons gardé le secret de l'ajout de LAND dans notre promotion en amont. (Tout le monde fait de la promotion de la manière habituelle: tout promettre, pour finalement donner juste la moitié. J'aime travailler de l'autre manière.)

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